Rénover le Parti socialiste dans les Hauts-de-Seine

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09 juin 2005

ode à messire galouzeau de villepin

Messire Villepin, notre seigneur et maître,

Peu ne croyez que nous allons nous laisser mettre.

35 longues minutes à l’ANPE

Qu’y avez vous appris ? Qu’il y avait des gueux ?

Des gens diminués, amers, patibulaires,

Trop pauvres pour l’impôt qui fait votre salaire.

Mais ils ont pu voter, et recommenceront ;

Ecoutez les plutôt, et gardez vos leçons.

Rien n’y fera, ni vos discours, ni votre allure

Celui qui ment au peuple signe une forfaiture

                                     michel monjaux

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08 juin 2005

Le peuple est finalement le plus sage.

D’élection en élection, nous entendons des responsables politiques de premier plan nous expliquer, que la crise est profonde, qu’il faut urgemment la prendre en compte, dans toute sa diversité, qu’il faut comprendre la révolte démocratique qui s’exprime dans les urnes.

Et puis, rien ne change vraiment. Les opposants d’hier viennent aux responsabilités, croisant sur leur chemin ceux qui le quittent, pendant que le chômage ne cesse de grimper et qu’apparaît une nouvelle catégorie de travailleurs, celle des « travailleurs pauvres » ou des « salariés SDF ».

Plus de 80 % de la population active est salariée, écoutant ce discours dominateur et récurrent, sur son travail qui coûterait trop cher, qui ne serait pas suffisamment flexible et mobile et qui serait finalement le principal responsable de la crise, par manque d’adaptation rapide aux évolutions du marché.

Et quand il n’est pas le principal frein à cette évolution, le peuple ne comprendrait pas les questions que lui seraient posées, comme il n’aurait pas compris le message qui lui était destiné en 2002, pour son bien.

En bref, le peuple serait égoïste, obtus et trop feignant pour comprendre le monde. Je dis le « peuple », alors qu’il est convenu aujourd’hui de parler des gens ou de la France d’en bas, c’est sans doute parce que ce mot sonne mieux à mes oreilles.

Finalement je trouve que le peuple est bien sage et bien patient, alors que son intelligence est constamment insultée, lui qui serait responsable de tout, alors qu’il ne demande pas grand-chose, vivre dignement et simplement, sans heurts, pour lui comme pour ses enfants.

Mais je crois qu’aujourd’hui, la question de la sagesse du peuple, car il en a fait la preuve, n’est plus la question pertinente, la vraie question étant de savoir, pendant combien de temps encore sera-t-il sage et si patient ?

Populiste, l’épithète tueur du débat est lâchée. Certes, pourquoi pas, mais après l’avoir balancé comme une gifle pour clore la discussion, que fait-on ?

Puisqu’il est plus facile de changer les dirigeants que les peuples, certains, d’un côté comme de l’autre, feraient bien de partir de leur propre gré, en empruntant au peuple, qui ne demandera rien en retour, un peu de sa sagesse et de sa dignité, puisqu’il en est encore temps.

Jean-Michel GAIGNARD

08-06-05

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07 juin 2005

L’écoute d’aujourd’hui fait la justesse de l’analyse de demain

L’écoute d’aujourd’hui fait la justesse de l’analyse de demain qui seule peut générer les victoires électorales d’après-demain

Voici pratiquement désormais deux semaines que les citoyens français ont rendu leur verdict, rejoints depuis par les hollandais. Personne n’est dupe sur les raisons qui ont conduit à ce résultat. Bien sur, l’Europe est peu visible, mal expliquée, mais surtout, elle n’est pas construite pour les hommes et les femmes qui la composent et, oh, surprise, ces derniers s’en sont rendu compte. Et que dire de la situation française. Là encore, il est certain qu’un gouvernement ectoplasmique dont la « philosophie politique » avouée de son chef se résumait au titre d’une chanson sortie tout droit de la Star Ac ne pouvait conduire à d’autre résultat que celui constaté. Il serait pourtant erroné de ne voir que l’aspect des choses sans sonder leur profondeur. Le texte publié dans ces mêmes colonnes par Jean Michel Gaignard a doublement raison de poser la question : « 21 Avril et 29 Mai, résultats générateurs ou révélateurs de crises » Car d’une part, il y a bien un lien entre ces deux résultats et d’autre part, les raisons de la victoire du non sont beaucoup plus profondes que n’ont voulu le laisser accroire les commentateurs de tous bords c'est-à-dire d’un seul.

La crise sociale qui touche la France, est réelle, génératrice de misère et de désespoir. L’absence de réponse concrète, tangible de la part de la gauche plurielle a produit, le 21 avril, un double mouvement : l’abstention et l’éparpillement des voix des ouvriers, des employés, bref, ce que l’on peut ou ce que l’on doit appeler, « le monde du travail ». La sanction politique a été brutale. Le représentant d’un parti d’extrême droite (pour ne pas dire fasciste) arrivait au second tour de l’élection présidentielle en évinçant celui d’une gauche introuvable. Cette défaite, non pas contre un adversaire plus fort, mais due à une carence de son propre camp, « le monde du travail » a mis 3 ans pour la digérer. C’est désormais chose faite. Ne serait-ce que de ce point de vue, le résultat au référendum est une victoire. Le coup de butoir a d’ailleurs créé un véritable séisme au sein  de la droite au point que le pouvoir est en pleine crise de régime. A entendre les commentaires des ministres démissionnés, ou ceux du ministre-président de l’UMP, qui se ravi d’être à l’Intérieur pour régler leur compte à ceux qui auraient des dossiers sur ses turpitudes financières ou qui auraient divulgué les affres que lui fait subir son épouse, on se dit que le terme d’Opéra bouf n’est finalement qu’un doux euphémisme, auquel on préfèrerait « République bananière ». Confusément, pourtant, chacun comprend bien que le risque de voir ce résultat se transformer en victoire à la Pyrrhus est réel.

Or, devant cette crise sociale et politique cumulée qui ont si souvent caractérisé les périodes précédant celle de rupture brutale, la vacuité fracassante de la direction de notre Parti est saisissante. Comment ne comprend-elle pas que l’écoute d’aujourd’hui fait la justesse de l’analyse de demain qui seule peut générer les victoires électorales d’après-demain… 

Pourtant l’enjeu est de taille. Le monde du travail n’est pas chimiquement pur, ni spontanément  bon et une chose est certaine, la politique, comme la nature, ont horreur du vide. A feindre de l’ignorer, d’autres en feront leurs choux gras, sachant que plus la crise s’aggravera, plus le terrain se transformera en terreau fertile pour démagogues de tout poil. Tout ce qui conduit à tourner le dos à l’unité du Parti Socialiste et à l’écoute du « monde du travail » est mortel pour le PS et pour l’avenir de ce pays. Alors oui, parce que le courant NPS a désormais une place particulière, il a une responsabilité spécifique qui doit le conduire à être l’aile marchante du PS. De ce fait, il doit faire preuve d’engagement et surtout, ne manquer d’audace ni dans l’expression de ses idées, ni dans la promotion des hommes qui les portent.

                                                                                                Hervé COLAS

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04 juin 2005

21 Avril et 29 Mai, résultats générateurs ou révélateurs de crises ?

Dans les débats qui naissent depuis ce NON majoritaire dans le pays et très majoritaire dans l’électorat de la gauche parlementaire, nous entendons qu’il ouvrirait une crise en Europe, comme le résultat du 21 avril aurait ouvert une crise en France. Mais les résultats du 21 avril et du 29 mai ne sont pas des faits générateurs de crise, ils n’en sont que des révélateurs profonds.

Le divorce entre une partie importante du peule du gauche et ceux qui voulaient porter son espérance a conduit au résultat du 21 avril, comme le résultat du 29 mai est la date qui marque le divorce entre ce qu’on nous dit de l’Europe et ce qu’en ressentent les citoyens. Le 21 avril comme le 29 mai, les citoyens ont dit avec force et sans ambiguïté que les projets, pour la France comme pour l’Europe, ne correspondaient à ce qu’ils veulent. Ils ont dit et voté, que la crise en France et la crise en Europe ne sont pas des impressions, mais bien des réalités.

On nous dit que le NON français n’a rien de commun avec le NON néerlandais, ou avec les NON qui se profileraient au Danemark ou au Luxembourg, que tous ces NON seraient hétérogènes, s’opposant parfois les uns aux autres. Certes, mais dans tous ces cas de figures, le résultat est la même, les peuples français et néerlandais ont déjà voté massivement, en disant qu’ils ne croyaient pas au projet européen qui leur était soumis par leurs dirigeants, de droite comme de gauche.

En France, comme en Europe, la crise économique et sociale se double d’une profonde crise de la représentativité politique. Et ce n’est en disant que le NON est xénophobe et populiste, ce qui est totalement absurde et humiliant pour les électeurs de gauche du NON, que se comblera ce fossé grandissant entre ce que disent les responsables politiques et ce que ressentent et votent les citoyens.

En tant que militant socialiste, peu importe que la droite soit plus ou moins représentative, mais quelle grave inquiétude de constater qu’en trois années, notre Parti n’a pas été capable d’analyser, puis de comprendre, l’ampleur de la crise économique, sociale et démocratique en France, comme en Europe.

Doit-on continuer dans cette direction, en nous disant qu’il ne s’agit là que d’une péripétie de plus, croit-on vraiment qu’en 2007 nous battrons la droite, sans avoir pris auparavant le soin de combler ce décalage persistant, entre ce que propose le Parti Socialiste et ce que vote le peuple et serions-nous désormais condamnés à dire, comme d’autres le firent par le passé, que nous avons eu raison d’avoir tort ?

Soit notre parti décide enfin de prendre en compte le vent de la révolte et l’exigence récurrente de justice sociale qui s’exprime démocratiquement, soit le peuple de gauche continuera sans lui, en lui montrant qu’il n’a plus besoin de lui.

On pourra toujours dire en ne recherchant que la facilité, mais surtout pour éviter tous débats en profondeur sur la question de l’orientation politique, que c’est la faute de truc ou de machin. Certes, chacun est libre de faire et de dire comme il l’entend. Mais la crise dans le pays est si grave et la situation de notre Parti si difficile, qu’il serait peut-être temps de se mettre sérieusement au travail.

Jean-Michel GAIGNARD

PS/NPS 

       Section de NANTERRE

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03 juin 2005

Faire face à nos responsabilités

Faire face à nos responsabilités

Leur ire est à la hauteur du désaveu. Que les électeurs de ce pays aient osé exprimer une opinion différente de celle qu’ils s’étaient échinés à forger, les met dans une rage qui les conduit à perdre tout sens de la mesure. A les entendre, le suffrage universel serait la plus belle des choses si ce n’était le peuple qui l’exerçait… Les JT du 20 heures et la une d’un hebdomadaire nous parlent de la colère de ces maîtres à penser contre ces électeurs peu dociles. Les éditorialistes de la presse quotidienne, dite d’opinion, quant à eux abusent, au point d’en être pathétiques, de l’amalgame pour tenter de discréditer un choix qu’il redoutait. Bref, tout est fait pour honnir des électeurs dont on doit, au contraire, se féliciter qu’ils aient retrouvé massivement le chemin des urnes.

Pourtant, ces faiseurs d’opinion auraient dû faire preuve d’un peu de clairvoyance. Car enfin, au nom de quel intérêt supérieur des millions de salariés auraient ils dû accepter une Europe dont la traduction concrète et quotidienne, sont pêle-mêle les restrictions budgétaires, la privatisation des services publics, la marchandisation effrénée de tous les activités humaines y compris la santé et l’éducation, sans parler de l’abandon pur et simple du principe de laïcité ? Il faut être pétri de suffisance, certain d’une infaillibilité d’ordre divin, pour penser que les salariés allaient, sans coup férir, accepter de se sacrifier sur l’autel d’une Europe que l’on nous a présentée comme une « chance historique unique » à la manière de ces camelots qui vous garantissent qu’une telle affaire ne se représentera pas de si tôt. Mais n’en déplaise aux « élites » le peuple a fait un autre choix et il l’a fait  de manière responsable et résolue. De la même façon que les allemands de l’Est ont en leur temps voté avec leurs pieds, les électeurs français se sont saisis du bulletin qui leur était offert pour dire leur angoisse face à une Europe qui prétend ne pouvoir se construire qu’en faisant du Marché fondé sur une « concurrence libre et non faussée » sa clé de voûte. 

Alors, suprême et ultime argument, le vote non serait un vote populiste, voire fasciste. Mais gare, car à trop invoquer les démons, on finit par les renforcer. A force de clamer que les électeurs qui ont osé ne pas suivre les sages recommandations des uns ou des autres étaient des citoyens perdus pour la démocratie, on banalise ceux là même que l’on prétend combattre au risque de leur offrir une légitimité qu’ils n’espéraient pas eux-mêmes. Soyons clairs, ce choix n’est pas celui du renoncement, et encore moins celui du repli. C’est au contraire un appel à plus d’air frais, pour qu’enfin, l’impunité et l’irresponsabilité cessent. Comment ne pas voir dans ce vote une volonté forte de se réapproprier un pouvoir confisqué par quelques castes, issues des mêmes écoles, de la même oligarchie, se distribuant des prébendes exorbitantes quand le pouvoir d’achat des ouvriers et des employés baisse et que les jeunes connaissent un chômage croissant qui pénalise tout projet de vie autonome ?

Ce résultat est-il une réponse suffisante en soi ? Certainement pas. La nomination du Tandem de Villepin Sarkozy va inévitablement conduire à un approfondissement de la crise sociale. Il est d’ailleurs vraisemblable que le nouveau gouvernement ne sera même pas capable de faire illusion en dépit de quelques mesures en trompe l’œil qui ne duperont personne. Devant les soubresauts qui s’annoncent, pour répondre à cette puissante demande de changement qui s’est exprimée le 29 mai, il est plus que jamais indispensable de renforcer le Parti Socialiste. Car ne nous y trompons pas, la période qui vient de s’ouvrir exige des réponses fermes et audacieuses de notre Parti qui doit se placer au centre de l’avenir politique du pays. Il nous faut entendre l’appel des électeurs. Il est en effet de notre impérieuse obligation de répondre de manière tangible à ces millions de citoyens qui attendent, au-delà du vote qui a été le leur au référendum, que nous leur offrions une réelle perspective à gauche en ancrant notre action en référence aux préoccupations des couches populaires. Notre responsabilité est grande, le temps nous est compté.

                                                                                    Hervé Colas

                                                                                    Récent adhérent NPS

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24 mars 2005

Il y a dix ans, j’ai voté OUI et je suis content.

Il y a dix ans, j’ai voté OUI et je suis content.

Nous sommes déjà en 2015, comme le temps passe vite et tu as déjà 10 ans. Sais-tu mon enfant que tu es né en même temps que le TCE, qui fût ratifié par les français l’année de ta naissance, certes d’une courte majorité, mais elle fût suffisante.

Je t’écris ce soir à la lumière des chandelles et tu excuseras les fôtes d’ortograffe, mais depuis que la compagnie d’électricité a été privatisée, je n’ai plus de courant à partir de 18 heures. Il parait que ce n’est plus rentable au-delà cette heure.

En plus, je viens d’arriver du boulot. Je suis fatigué et mes mains tremblent. Avec 65 heures de travail par semaine, ce n’est pas facile mais on y arrive, tu sais.

Il suffit simplement d’avoir un peu de volonté, tu verras quand tu seras plus grand vers tes 16 ans, lorsque tu auras acquis un niveau suffisamment élevé d’études, tu seras alors prêt pour d’émanciper professionnellement.

Vraiment, je ne regrette pas d’avoir voter OUI en 2005. Grâce au OUI, il  y a bien quelques petits inconvénients, mais dans l’ensemble, j’arrive à payer mon assurance privée pour ma retraite et ma protection santé, j’arriverai aussi à te payer tes études jusqu’à 16 ans.

Tu sais qu’une nouvelle campagne est en cours, nous devons voter OUI ou NON à un nouveau traité, qui se propose de changer l’Etat en société anonyme, avec un PDG et un Conseil d’administration, plus de ministres ou de fonctionnaires, que des salariés, ou plutôt des tâcherons, depuis que la tâche a remplacé le salaire.

Je crois que je vais voter OUI, comme j’ai eu raison de le faire en 2005, y’a pas de raison que je m’arrête en si bon chemin.

Allez, il se fait tard, déjà 23 heures et je me lève dans 4 heures pour aller bosser. Fais-moi confiance mon petit, je vote OUI pour ton avenir.

Jean-Michel GAIGNARD

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14 mars 2005

Tribune dans le Poing et la rose 92 - février-mars

En 2005, notre projet sera socialiste …ou ne sera pas !

2005, année de l’élaboration du projet. C’est notre message en ce début d’année. Déjà en 2002, sous la conduite de Martine Aubry, les socialistes en avaient élaboré un, publiquement enterré par le candidat Jospin quelques semaine plus tard d’un tonitruant : « mon projet n’est pas socialiste ». Nous connaissons la suite de l’histoire. La motion NPS en 2003 posait un diagnostic et faisait des propositions pour que nous ne reproduisions pas les erreurs passées. Pour cela, nous avons demandé que les adhérents du Parti, ceux qui le font vivre chaque semaine sur les marchés, dans les associations, les syndicats, soient réellement associés à cette démarche. Multiplication de commissions thématiques pléthoriques, mise en place d’une troïka médiatique (DSK-Lang-Aubry), création d’adhérents CDD - « du projet » -, allons-nous dans la bonne direction ?

La société française s'est-elle remise du traumatisme d'avril 2002 où s'est brutalement révélé
l'ampleur de son divorce avec ceux qui pensaient la représenter, notamment la gauche, particulièrement les socialistes?

Ne vivons nous pas aujourd'hui un malaise diffus pour certains, grave pour d'autres où le partage des valeurs, d'un projet de société commun, d'un avenir pour tous devient de plus en plus difficile à imaginer et à définir ? Que reste-t-il de notre identité de citoyens français? Que propose aujourd'hui la gauche ? C'est sur ce malaise que surfe un Nicolas Sarkozy aujourd’hui. Toujours en veine de propositions et de dynamisme, assurant chacun qu'il l'a compris il a entrepris une véritable segmentation de la société française qui sape profondément sa capacité à se projeter dans un avenir collectif. C'est à cela que doit s'opposer à bras le corps le projet socialiste. Dénoncer le clientélisme érigé comme projet national et proposer une nouvelle utopie sociale qui ne se contente pas d'un repli anti-mondialiste frileux..."

Face à cette droite dure, engagée dans un programme sans précédent de casse sociale et territoriale, le risque existe que nous accouchions d’un projet pseudo-consensuel, élaboré par des adhérents virtuels. N’ayons pas peur de nos convictions, car il n’y a pas de progrès sans résistance et pas de résistance sans perspectives de progrès. Au moment au nous fêtons le centenaire du Parti socialiste, n’oublions l’objet de son émergence et les raisons d’être de sa pérennité depuis près d’un siècle.




Analyse du volet emploi de la loi Borloo

La première évaluation d’une réforme pourrait se mesurer à l’accueil que les acteurs de terrain lui  réservent, ainsi qu’aux premiers effets qu’elle produit. Et cette remarque vaut encore plus pour l’emploi, puisque, comme on le sait mais sans jamais en tenir compte, c’est dans les bassins d’emploi que se tricotent les logiques de fonctionnement du marché du travail, de retour à l’emploi et d’accès à la formation.

Or les deux termes qui qualifient le mieux le volet Emploi du plan de cohésion sociale du point de vue des acteurs c’est : scepticisme et confusion.

Scepticisme

Parler d’emploi et de cohésion sociale sans afficher l’ambition dont on est porteur manifeste une curieuse conception de l’action publique. Et cela est encore plus flagrant lorsqu’on constate que la fameuse Constitution européenne place, elle-même, le plein emploi au rang des objectifs de l’union. Quid de la France…. 

Confusion 

Le Parlement a débattu ces derniers mois de la fameuse loi « Libertés et responsabilités locales ». Or dans ce débat n’est jamais apparue la proposition d’une certaine forme de décentralisation de la politique d’emploi.

Cela n’empêche pas, dans la foulée, ce gouvernement de demander aux collectivités de prendre leur part dans le Service Public de l’Emploi sans préciser encore à ce jour les moyens affectés à cette nouvelle délégation de compétences. Dans le même temps, on s’empresse de pousser les collectivités locales à créer les Maisons de l’Emploi, au mépris du rôle de pilotage que devrait jouer l’Etat en cette matière.

Ces quelques flashes illustrent bien le vrai sens de cette pseudo-réforme où le verbe prend le pas sur la construction raisonnée des réformes nécessaires.

Là où il faudrait produire du droit commun pour créer de l’égalité on se contente d’agiter un peu le bocal de l’emploi/formation. En prenant bien soin de ne surtout pas partir des évaluations disponibles pour organiser la réflexion nécessaire permettant de concevoir, dans la concertation, une nouvelle politique de l’emploi.

En effet personne ne peut nier l’urgence d’un tel programme de travail, mais à la condition expresse de l’inscrire dans un agenda, d’oser l’adaptation des structures, de réviser les méthodes et d’évaluer l’efficience des moyens. Tout le contraire d’un système de gouvernement où d’un côté on légifère sur les Maisons de l’Emploi et de l’autre, on engage le dialogue sur une nouvelle convention tripartie ETAT/UNEDIC/ANPE.

Quelle incurie et quelle insulte pour le concept de gouvernance si cher à notre Premier Ministre ?

Posté par RM 92 à 12:28 - Tribunes libres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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