05 décembre 2005
Dans Marianne cette semaine
Marianne / 3 au 9 décembre 2005
La droi
te a changé, pas nous par Arnaud Montebourg
Après vingt ans de conformisme, le PS est en pleine « ossification ». Le leader du Nouveau Parti socialiste propose une réelle alternative au discours de droite dominant.
Marianne : Le discours de la droite est rejeté (sauf sur la sécurité) et pourtant aucun représentant de la gauche ne semble en mesure de gagner en 2007. Quelle est la responsabilité du PS ?
Arnaud Montebourg : Après le 21 avril 2002, les principaux dirigeants socialistes ont cru pouvoir faire l’économie d’une profonde remise en cause de leur vision de la société. Dès lors, le projet du PS, avant comme après notre dernier congrès, se révèle peu capable de répondre à la crise sociale et démocratique du pays. La droite, au contraire, a changé en profondeur. Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy assume ses choix autoritaires et ultralibéraux. Il s’abrite derrière les mécanismes implacables de l’économie mondialisée pour détruire, en France, jusqu’à l’idée même de volontarisme économique et social. Pendant ce temps, la gauche n’a toujours pas révisé sa vision de la mondialisation. Nous voilà pris à revers par Dominique de Villepin qui parle de «patriotisme économique»… Pour reconquérir la société française, la gauche doit forger les nouveaux outils du volontarisme politique qui rendront crédible l’alternative à la mondialisation libérale. Au niveau européen, le tarif extérieur commun et la révision de l’OMC étaient deux objectifs politiques. La direction du PS, incapable de rompre avec vingt années de conformisme, s’est empressée de les noyer dans un texte ambigu et frileux.
Une partie de vos électeurs acceptent une remise en cause du modèle social français. Même les effectifs des fonctionnaires ne sont pas tabous…
A.M. : Les Français veulent d’abord des réformes justes, même si elles doivent s’inscrire dans des efforts collectifs pour préserver la solidarité nationale. Les fonctionnaires eux-mêmes aspirent au changement. Au lieu d’un nouveau compromis social et politique que la gauche devrait dessiner et entreprendre, celle-ci se contente de défendre le statu quo pendant que la droite veut imposer la régression.
La gauche connaît également une crise de valeurs : sur la sécurité et l’immigration, plus d’un quart de son électorat se sent proche de la droite !
A.M. : La droite au pouvoir mène une politique sécuritaire de classe. L’arbitraire pour les uns, mais la complaisance pour les autres. L’état d’urgence en banlieue, la fin de la répression de la délinquance financière en col blanc. Or, pour être ferme avec les incendiaires de voitures, il faut oser s’attaquer à l’enrichissement sans cause des rentiers du nouveau capitalisme. Tel n’est pas le cas. La France attend de la gauche une réaffirmation de l’attachement à l’état de droit, à condition qu’il s’affirme comme étant égalitaire !
17 novembre 2005
Parti socialiste : un congrès pour rien ?
Article de Michel Soudais
À l’ouverture du congrès du Mans, la victoire étriquée de François Hollande, entachée d’irrégularités, témoigne de la crise de leadership du PS et d’une absence de projet.
La majorité reste majoritaire. La rénovation attendra. L’étendard du statu quo va flotter au-dessus du congrès du Mans, ce week-end. Ainsi en ont décidé les adhérents socialistes. Le 9 novembre, lors du vote dans les sections, ils ont reconduit sans enthousiasme la ligne incarnée par François Hollande, premier secrétaire depuis 1997. Sa motion, soutenue par Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Martine Aubry, Bertrand Delanoë et la plupart des éléphants du PS, a obtenu 53,63 % des suffrages exprimés. Celle du Nouveau Parti socialiste du trio Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et Arnaud Montebourg obtient 23,54 %, devant le texte présenté par Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon (21,17 %). Les petites motions d’Utopia (1,02 %) et de Jean-Marie Bockel (0,64 %), qui défendait un socialisme libéral, sont loin derrière. À l’approche des échéances de 2007, la direction du PS conserve les clés du parti, mais à quel prix ?
Après le coup de torchon du 29 mai, qui avait vu les électeurs de gauche voter à l’opposé de ce qu’elle prônait pour l’Europe, elle avait écarté les fabiusiens et convoqué un congrès anticipé pour y puiser une nouvelle légitimité. Elle escomptait dépasser la barre des 55 %... C’est manqué. Elle espérait de sa base qu’elle sanctionne ceux qui avaient fait campagne pour le « non ». C’est en partie raté. La motion Hollande recueille 5,3 points de moins que le « oui » au référendum interne, 3,7 points si l’on inclut le score des deux petites motions sur la même position. Depuis 1997, la majorité de François Hollande se rétrécit au fil des congrès. Elle totalise aujourd’hui presque 8 points de moins qu’à Dijon.
À supposer que toutes ces voix se soient reportées sur Laurent Fabius, qui appartenait à la majorité de Dijon, la plus grosse partie des suffrages qui se sont portés sur la motion « Rassembler à gauche » de l’ancien Premier ministre (au moins 13 % des militants socialistes) provient des courants qui formaient l’opposition de gauche à Dijon, Nouveau Monde, Force militante et NPS (37,6 % à Dijon). Avec la progression du NPS, cette opposition s’est renforcée et pèse désormais près de 45 %.
Ce nouveau rapport de force aura des répercussions concrètes. Tout d’abord au conseil national, où la coalition des présidentiables regroupés autour de François Hollande devra se partager un moindre nombre de sièges : 111 (sur 204). Dans les fédérations ensuite : en 2003, la direction nationale contrôlait 75 fédérations, guère plus d’une soixantaine la semaine prochaine. En joignant leurs voix, les fabiusiens et le NPS peuvent emporter 38 à 42 fédérations.
Signe supplémentaire de son affaiblissement, la direction ne passerait pas la barre des 50 % sans l’appui décisif des 5 plus grandes fédérations (Pas-de-Calais, Nord, Bouches-du-Rhône, Paris, Hérault). Dans de nombreuses communes, elle ne l’emporte que grâce à la mobilisation d’adhérents qui ne se manifestent que lors des scrutins internes. Ces camarades à éclipse, peu impliqués dans la vie de leur section, participent rarement (ou jamais) aux débats et apparitions extérieures du parti qui font l’ordinaire des militants. Ils délaissent ces activités des camarades plus jeunes, plus actifs et surtout plus séduits par les idées du NPS, de Jean-Luc Mélenchon ou d’Henri Emmanuelli.
Ce phénomène, déjà observé lors du référendum de l’an dernier, explique la difficulté du PS à faire campagne pour le « oui », sur le terrain. Il contribue aussi grandement au décalage entre le PS et les couches populaires qui constituaient sa base électorale. Cet éloignement a atteint des sommets lors du référendum du 29 mai : c’est dans les fédérations qui plébiscitent le plus François Hollande à 82,5 % en Corrèze, son fief, 79,8 % en Côte-d’Or, 77,6 % en Haute-Vienne, 74,2 % dans l’Hérault, 73 % dans les Bouches-du-Rhône , que l’écart entre le vote des adhérents et celui des électeurs était le plus grand : de l’ordre de 36 à 39 points.
Si la reconduction de la ligne réformiste d’accommodement, en vigueur depuis 1997, n’est pas de nature à redorer l’image du PS dans l’opinion (1), les modalités du vote dans les sections ne vont pas y contribuer. Sitôt les bureaux de vote fermés, la rue de Solferino a tenté de faire croire à une « large victoire » de sa motion, quitte à présenter des résultats incomplets et orientés, quand ils n’étaient pas tout simplement faux. Il aura fallu attendre quarante-huit heures pour disposer d’une totalisation conforme à celle des fabiusiens. Faute d’avoir accès aux bureaux centralisateurs des grandes fédérations stratégiques et à celui du siège national, ces derniers s’étaient organisés pour procéder à un décompte parallèle.
Lire la suite dans Politis n° 876
(1) Selon un sondage CSA pour le Monde (15 novembre), une majorité de sondés estiment que le PS n’est ni clair sur le bilan des gouvernements Jospin, ni à l’écoute des problèmes des Français, ni attentif aux positions des autres composantes de la gauche. Il n’apparaît pas comme une force de proposition porteuse d’un projet de société et ne ferait pas mieux que le gouvernement Villepin
05 novembre 2005
«Montebourg lui au moins ne mâche pas ses mots»
«Montebourg, il nous en faudrait beaucoup des gens comme lui. Au moins, il ne mâche pas ses mots. Il bouleverse les habitudes des éléphants»
par Paul QUINIO
QUOTIDIEN : jeudi 03 novembre 2005
Monsieur le maire, ce samedi après-midi, a le sourire. Ses yeux bleus pétillent d'impatience. Il est 14 h 30 et Jean-Noël Andriet, maire de Leyment (Ain), commune de 1 200 habitants, s'active dans la salle de la Nivolière qui jouxte le gymnase du collège où doit intervenir le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg. Une soixantaine de chaises ont été disposées devant l'estrade. Une soixantaine de militants sont là pour écouter le représentant du Nouveau Parti socialiste (NPS) leur demander de lui donner «les clés du PS pour faire des merveilles».
Avec Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et l'aide de Laurent Fabius, Montebourg entend incarner «le projet d'alternance au sein du PS pour rendre possible l'alternative» en France en 2007. Assis aux côtés du député, Jean-Noël Andriet boit du petit lait. Il est l'illustration de ce parti d'élus : plus d'un adhérent PS sur trois dispose d'un mandat. Militant socialiste depuis une dizaine d'années, il fait partie des adhérents NPS de la première heure. L'antenne départementale de ce courant né à l'automne 2002, avant le congrès de Dijon (mai 2003), a même été créée à Leyment, dans cette salle de la Nivolière... Et le NPS dirige cette petite fédération de l'Ain qui ne compte que 387 adhérents.
Lire la suite : http://www.liberation.fr/page.php?Article=335725
26 octobre 2005
Un trop-plein de candidats
Alain Duhamel vient de se réveiller. Après plus de 30 ans d'adoration béate, voilà qu'il se décide enfin à regarder les choses en face : quelque chose ne tourne pas rond dans les institutions de la Vème République. Voyons ce qu'il nous dit dans un article du jour intitulé "Un trop-plein de candidats" et paru dans le journal Libération :
"Les leçons du 21 avril n'ont pas été tirées" C'est ce que nous disons depuis 2003.
"L'élection présidentielle, qui surplombe toute la vie démocratique, doit, en théorie, être l'occasion d'un rassemblement, la cristallisation d'une volonté majoritaire, le choix d'un dessein. En fait, il n'en est plus rien." Nous sommes tout à fait d'accord et c'est pourquoi nous proposons une 6ème république parlementaire.
Il ajoute : "La dégradation théâtrale de la compétition démocratique majeure aucun candidat n'a atteint 20 % des suffrages exprimés au premier tour 2002, caractérise l'étape actuelle de la Ve République." C'est tout à fait exact. Ili s'agit d'un simulacre de démocratie ou l'image compte tout autant, si ce n'est plus, que les idées du candidat(e).
Enfin : "Reste que, dans l'affaire, la victime s'appelle l'élection présidentielle : condamnée à l'embouteillage, elle ne peut plus remplir sa fonction, c'est-à-dire désigner clairement le monarque quinquennal de notre demi-démocratie." C'est là que nous divergeons avec Alain Duhamel et avec nos camarades de la motion 1 et 2 : nous considérons que notre démocratie n'a pas besoin d'un "monarque" quinquennal. C'est pourquoi dans la motion 5 nous proposons un président élu pour un mandat unique de 7 et donc déconnecté des joutes politiques. Il aura un rôle nouveau, celui d'arbitre, de garant des institutions et de médiateur. Le gouvernement sera effectivement dirigé par un Premier ministre responsable devant le Parlement.
Encore un effort camarade Duhamel, et bientôt tu soutiendras toi aussi une 6ème république parlementaire, laïque et sociale !
Alexis BACHELAY
Retrouvez l'intégralité de son article sur http://www.liberation.fr/page.php?Article=333652
11 octobre 2005
SNCM, un cas d'école
Face à une droite qui change de politique, la gauche doit défendre un redéploiement du service public qui pourra servir de modèle pour 2007. La SNCM, un cas d'école
Par Jean VIARD par Jean Viard sociologue, directeur de recherches CNRS au centre de recherche politique de Sciences po (Cevipof). mardi 11 octobre 2005
Lire la suite : http://www.liberation.fr/page.php?Article=330049
06 septembre 2005
Socialistes, allez voir chez les Belges !
Point de vue
Socialistes, allez voir chez les Belges !, par Claude Demelenne
LE MONDE
En crise existentielle, le Parti socialiste français pourrait se pencher
utilement sur l'évolution de son "petit frère" belge francophone, une
exception en Europe. Celui-ci est au gouvernement depuis dix-sept ans sans
interruption. Il a gagné les quatre derniers scrutins : communal (2000),
fédéral (2003), régional et européen (2004). Les socialistes, qui dirigent
Bruxelles et toutes les grandes villes wallonnes, ont renforcé leur position
de première formation en Belgique francophone.
La recette ? Une rénovation réussie. Dans la social-démocratie européenne, le
PS d'Elio Di Rupo, son président depuis 1999, est le plus multiculturel, le
plus avant-gardiste sur les questions de société et le plus progressiste sur
les thèmes socio-économiques. M. Di Rupo l'a révolutionné. A la fin de la
décennie 1990, l'image du PS belge était problématique. Assez macho, peu
présent chez les immigrés, en voie de ringardisation, sa base s'effritait.
Elio Di Rupo a ouvert la citadelle.
Un socialiste, de retour après cinq ans passés à l'étranger, ne reconnaîtrait
pas son parti, qui a réussi des réformes sociétales importantes : droit de
vote pour les immigrés aux élections communales les socialistes français
n'ont jamais osé , mariage pour les homosexuels Lionel Jospin y était
opposé, légalisation de l'euthanasie... C'est aussi cela, la modernisation de
la gauche : accorder à chacun le droit de gérer librement ses choix de vie.
Comparés aux socialistes belges, mais aussi espagnols, les Français manquent
d'audace et de modernité dans les réformes de société.
Au premier tour de la présidentielle de 2002, à peine 13 % des ouvriers ont
voté pour Lionel Jospin. En Wallonie, le vote ouvrier en faveur des
socialistes est souvent automatique, et l'extrême droite a peu percé. Le PS a
maintenu un lien fort avec les couches populaires. L'explication est simple :
la modernisation de M. Di Rupo n'a pas rimé avec conversion au social-
libéralisme.
A gauche, la modernisation masque parfois un plagiat. Tony Blair, le Parti
social-démocrate (SPD) allemand, le Parti du travail néerlandais (PVDA) et
certains socialistes français lorgnent sur le programme des libéraux : moins
d'Etat, moins d'impôts, plus de flexibilité... et d'insécurité sociale. La
gauche light oublie sa mission première : protéger. Le PS belge francophone,
lui, est resté fidèle à l'Etat-providence.
Il a bétonné l'indexation automatique des salaires (cas unique en Europe) et
maintenu le système d'allocations-chômage non limitées dans le temps
(également unique en Europe). Il a obtenu un refinancement massif des soins
de santé et sauvegardé un système de sécurité sociale performant (le taux de
pauvreté, en Belgique, est le plus bas du continent avec le Danemark). Le PS
est en phase avec les deux grands syndicats, le "rouge" et le chrétien. C'est
aussi grâce à ce lien que le PS n'a pas "perdu le peuple".
Largement féminisé, le PS belge a choisi une femme comme leader au
gouvernement fédéral et comme premier ministre au gouvernement de Wallonie-
Bruxelles. Une socialiste préside le Sénat. Le parti est aussi bigarré que la
société : son président et sa vice-présidente sont d'origine italienne, comme
la première ministre du gouvernement de Wallonie-Bruxelles. La ministre
socialiste de la culture est d'origine marocaine. Imagine-t-on, au PS
français, un Jack Lang d'origine maghrébine ? Le PS belge a aussi un ministre
d'origine turque au gouvernement régional bruxellois. Au Parlement de
Bruxelles-Capitale, 14 députés socialistes sur 26 sont d'origine étrangère.
Impensable en France, où l'Assemblée nationale est quasi "monocolore". Les
élites françaises, socialistes comprises, se méfient du mélange. Même si la
majorité des "nouveaux Français" votent à gauche, les amis de François
Hollande n'ont pas vraiment réussi leur rendez-vous avec les immigrés, qui
forment une large part de la nouvelle classe ouvrière.
La clé du succès du PS belge francophone passe aussi par un socialisme de
proximité. A l'université d'été de La Rochelle, les stars du PS se sont
affrontées à fleurets mouchetés : petites phrases, parade des
présidentiables. Au même moment, dans une banlieue ouvrière de Liège, Di Rupo
consacrait l'essentiel de son discours de clôture de l'université d'été de
son parti à formuler des propositions concrètes pour améliorer l'accès au
logement et alléger la facture énergétique des citoyens.
Exit l'idéologie ? Non : la mobilisation contre le projet Bolkestein de
libéralisation des services a été initiée par le PS belge, qui entretient de
bons contacts avec le mouvement altermondialiste... accusé de "gauchisme" par
certains socialistes français. Il existe un modèle socialiste belge. Le PS
francophone de Belgique ressemble au village d'Astérix. Tout en se
modernisant, il résiste, presque seul, à la tentation social-libérale. Pour
combien de temps encore, dans une social-démocratie européenne en panne
d'idées ?
Le PS d'Elio Di Rupo est, à la fois, plus à gauche et plus pragmatique, plus
ouvriériste et plus moderne, plus localiste et plus internationaliste que la
plupart de ses partis frères. Il incarne la gauche qui gagne, rassure le
peuple, séduit et les bobos et les syndicalistes. Les socialistes français
négligeront-ils cet exemple ?
Claude Demelenne est rédacteur en chef de l'hebdomadaire belge "Le Journal du
mardi".
par Claude Demelenne
Article paru dans l'édition du 15.09.05
13 juin 2005
Forum NPS du 12 juin - revue de presse
Face à un "parti divisé" et à "une gauche fracturée", le NPS prépare le congrès
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PARIS (AFP) - Face à un "parti divisé" et une "gauche fracturée", le Nouveau parti socialiste (NPS), minorité du PS animée par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, se lance le premier, après la victoire du non à la Constitution européenne, dans la préparation du congrès socialiste de novembre.
Plus de 600 militants étaient présents, dimanche à Paris, pour participer, à la Cité universitaire internationale, au grand forum public organisé par le NPS, dont les débats se sont ouverts par une "ovation debout" à l'annonce de la libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun.
Partisan du non, resté assez silencieux pendant la campagne référendaire pour respecter la position officielle du PS favorable au oui au terme d'une consultation interne des militants, le NPS entend désormais tenir toute sa place dans la préparation du congrès avancé, de quelque six mois, au 18 novembre.
"Né dans la douleur du 21 avril (2002, élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, ndlr)", le NPS veut "puiser dans le vote majoritaire (des Français) du 29 mai une force nouvelle", a lancé Christian Paul, député de la Nièvre, "car nous avons de nouvelles responsabilités".
Un sentiment partagé par Vincent Peillon, député européen, pour qui "l'unité des socialistes est un souvenir, une nostalgie". "Elle est entièrement à reconstruire", a ajouté M. Peillon, alors que militants et dirigeants se sont déchirés entre pro et anti Constitution pendant la campagne référendaire.
Très critique contre l'actuelle direction du PS, Arnaud Montebourg a ironisé sur "Solférino (qui) n'est plus le nom d'une victoire, c'est le surnom d'un blockhaus administré par des autruches".
"Socialistes de France et d'outremer, jusqu'à quand allez-vous écouter ceux qui, chaque jour, nous poussent au précipice", a-t-il lancé. "La France a besoin d'autre chose que d'un quarteron qui s'accroche à un radeau qui coule".
"Un congrès doit avoir lieu", a dit Vincent Peillon. Il est "celui de la dernière chance avant 2007" et il sera une "occasion réussie à condition de discuter des vrais sujets et de faire de vraies propositions", a-t-il plaidé, en appelant le "pays au réveil, au sursaut après dix années de chiraquisme, dix années de cauchemar".
Alors que circulent des rumeurs sur des alliances entre différentes sensibilités socialistes avant le congrès, d'abord partagées entre les tenants du oui et les avocats du non, le NPS a voulu faire entendre sa différence et a nié toute négociation, secrète ou pas, en vue de rapprochements tactiques.
"Nous ne sommes ni d'un camp, ni de l'autre", a affirmé Vincent Peillon, "nous sommes nous-mêmes". "Le NPS n'est pas un clan, pas une boutique, c'est une démarche offerte à tous les militants pour transformer le PS", a-t-il insisté.
Même sentiment pour Arnaud Montebourg : "nous ne serons les supplétifs de personne pour mettre au pouvoir - dans le PS, puis dans le pays - nos projets" et notamment "installer la VIème République" et "domestiquer la mondialisation".
"Notre ambition", résume Christian Paul, est de "produire de l'alternance en refusant les allégeances". "Nous voulons construire un PS plus à gauche, au nom de l'exigence sociale qui est notre raison d'être, et plus moderne, parce que les réponses traditionnelles de la gauche sont remises en question".
"Il y a un espoir", a lancé Vincent Peillon aux participants, et "vous êtes cet espoir". "Donnez au socialisme toute sa force, toute sa chance, il a besoin de vous" et "nous avons besoin de lui pour le siècle qui s'ouvre".
Le FIGARO
Montebourg ne veut pas choisir entre Fabius et Hollande
Myriam Lévy
[13 juin 2005]
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Comment survivre au congrès sans perdre son âme ? C'est la question épineuse qu'auront à résoudre, dans les mois qui viennent, les membres du courant Nouveau Parti socialiste d'Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon. Hier, ils avaient réussi un petit exploit : réunir, un dimanche, à peine sortis du référendum, plus de 600 personnes à la Cité universitaire, pour une journée de débats. NPS ne pouvait pas attendre : il est urgent pour ce courant de raccrocher le mouvement, lui qui, opposé au projet de Constitution européenne, n'a pas fait campagne par respect de la parole des militants socialistes. La course au congrès de novembre étant désormais ouverte, il s'agit de montrer ses muscles en faisant comme s'il était possible, au moins pour un temps, de ne pas tomber dans le camp de François Hollande ou celui de Laurent Fabius. «Nous ne sommes pas au moment de choisir entre un bloc ou un autre. Cela nous priverait de tout espoir de peser sur le congrès et la future majorité», a expliqué avec assez de franchise le député de la Nièvre Christian Paul.
«Notre candidat, c'est le projet», proclamait un calicot disposé derrière la tribune, qui s'est malencontreusement décroché pendant le discours de Montebourg. «Je mange avec tout le monde et avec personne», a proclamé le député de Saône-et-Loire. Hier, NPS avait réussi à attirer quelques personnalités extérieures, comme le député radical Christiane Taubira, le Vert Stéphane Pocrain, le député des Landes Alain Vidalies, en délicatesse avec Henri Emmanuelli, ou la fabiusienne Claude Roiron, tous tenants du non.
Dans son style de ténor du barreau comme on n'en voit même plus aux assises, Arnaud Montebourg a réservé ses salves les plus dures à la direction du PS. «Solferino, a-t-il dit, n'est plus le nom d'une victoire. C'est le surnom d'un blockhaus administré par des autruches.» Succès garanti et éclats de rire dans la salle. Et Montebourg de s'interroger : «Militants socialistes de France et d'outre-mer, jusqu'à quand allez-vous écouter ceux qui nous poussent au précipice ?» Quant à Peillon, il a dénoncé «une opposition si molle qu'elle réussit à faire passer François Bayrou pour un dur». Difficile, dans ces conditions, de croire Montebourg lorsqu'il affirme que «NPS parle à tout le parti, aux militants du non comme aux militants du oui». La cible de NPS, c'est surtout, comme il le dit lui-même, «la France qui désespère de son Parti socialiste» et qui «a besoin d'autre chose que d'un quarteron accroché à un radeau qui coule».
Tout au long des discours, les dirigeants de NPS ont d'ailleurs opposé l'actuelle direction à ce qu'ils appellent la «base sociale», qui serait le réservoir électoral naturel du PS et qui aurait dit non au référendum. Vincent Peillon les appelle «ceux que nous avons abandonnés», Hamon explique que ce sont «ceux qui ne peuvent pas se permettre d'en reprendre pour cinq ans de libéralisme» en 2007, espérant qu'alors «le vote socialiste soit le débouché naturel du vote antilibéral».
D'ores et déjà, alors que la commission de préparation du congrès n'est pas encore installée, Vincent Peillon a «posé deux conditions» pour sa bonne organisation. NPS demande que la désignation du candidat à la présidentielle soit totalement dissociée de la préparation du congrès et que les futurs candidats à la candidature s'engagent à respecter le vote des militants, qui désigneront leur champion au suffrage universel. Autre exigence : une procédure de vote transparente, qui permette d'éviter ce que les minoritaires appellent les «manoeuvres d'appareil», avec en ligne de mire le poids des trois ou quatre grosses fédérations qui fournissent à elles seules un quart des votes au congrès.
Fabius : le non est «pro-européen»
Laurent Fabius affirme que le non à la Constitution est «majoritairement social et pro-européen», dans une interview à paraître aujourd'hui dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Pour lui, il convient de «ne pas se tromper de diagnostic : c'est la crise de l'Europe qui a débouché sur le non de plusieurs peuples et pas l'inverse».
Pour sortir de l'impasse, M. Fabius affirme que désormais «tout est affaire de volonté» en soulignant la nécessité d'une «explication franche». Il propose «de retravailler le texte (NDLR : du traité constitutionnel) pour le rendre plus social, d'écarter l'essentiel de la partie trois, de nous concentrer sur les institutions et sur les principales valeurs de l'Union européenne ainsi que sur la charte des droits».
LIBERATION
Au PS, Montebourg et Peillon veulent capitaliser leur non | ||
Bête noire. Le plus virulent a sans doute été le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg : «La France a besoin d'autre chose que d'un quarteron qui s'accroche à un radeau qui coule», a-t-il dit à la tribune. «Solferino (siège national du PS, ndlr) n'est plus le nom d'une victoire, mais celui d'un blockhaus administré par des autruches», a ajouté Montebourg, en estimant que la direction de son parti se montrait depuis le 29 mai incapable d'entendre le message des Français. Celui qui a toujours fait du chef de l'Etat sa bête noire a quasiment mis le numéro un du PS dans le même sac, en l'ajoutant à sa liste Chirac, Villepin, Sarkozy , dont la «responsabilité» n'est jamais engagée. Plus mesuré, le député européen Vincent Peillon a néanmoins justifié le fait d'être «sévère» avec François Hollande, chef d'un parti «divisé» dans une gauche «fracturée». Selon lui, le patron du PS a échoué sur les trois fronts qu'il s'était fixés à Dijon, en mai 2003, lors du dernier congrès du PS : le projet, la rénovation et l'unité des socialistes. A propos du projet, il a jugé que «le réformisme de gauche» de Hollande était «aussi vertébré qu'une limace». Quant à l'unité, «elle est entièrement à reconstruire». Vincent Peillon a aussi prévenu qu'il s'était «senti injurié» par ceux qui ont accusé les partisans du non de «xénophobie». L'autre député européen du NPS, Benoît Hamon, a été tout aussi clair quant à ses attentes pour le congrès du 18 novembre : «Un changement d'orientation et un changement de direction.» A part ça ? Le NPS assure s'engager dans cette nouvelle bataille interne sur «une ligne d'autonomie», en refusant la logique «des deux blocs» que proposeraient les présidentiables socialistes, François Hollande et Laurent Fabius en tête. Même si l'ancien numéro deux du PS a été, lui, très épargné hier. «Nous ne sommes ni d'un camp, ni de l'autre. Nous sommes nous-mêmes», a déclaré Vincent Peillon en fin d'après-midi. «Nous refusons que l'alternative du congrès soit entre ceux qui ont refusé le vote des militants et ceux qui refusent d'entendre le vote des Français, a-t-il ajouté. C'est par rapport à nous que les autres devront se déterminer.» «Nous n'avons pas vocation à rester minoritaires, ni à nous diluer dans des alliances prématurées», confie aussi le député de la Nièvre Christian Paul. Précipice. En clair, le NPS se sent pousser des ailes. Là encore, c'est Arnaud Montebourg, manifestement frustré d'avoir dû garder le silence depuis des mois, qui s'est montré le plus explicite : «Militants socialistes, de France et d'outre-mer, si vous nous entendez, jusqu'à quand allez-vous écouter ceux qui vous poussent chaque jour vers le précipice !», a-t-il tonné à la tribune en admettant «voir les choses en grand». Le NPS entend en tout cas capitaliser à la fois sa prise de position contre la Constitution et son respect du verdict des militants qui, le 1er décembre 2004, s'étaient prononcés pour le texte à près de 59 %. L'ambition : servir de trait d'union entre le oui et le non et se placer dans la bagarre qui s'ouvre au centre du parti, en maillon incontournable pour constituer une hypothétique majorité en novembre. «Aucun socialiste n'est notre ennemi», a ainsi assuré Peillon. «On va construire la rénovation du PS, monte dans le train qui veut !», a renchéri Thierry Mandon, membre de la direction du NPS. Le train du NPS est tout de même parti hier à toute allure. Gare aux déraillements. |
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Les trois crises du Parti socialiste
Eric Zemmour
[13 juin 2005]
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«Une triple crise, de leadership, de projet, et d'alliance». Lionel Jospin parlait d'or. C'était en 1997. Il radiographiait la droite après l'échec de la dissolution. Lionel Jospin voyait loin. Il prophétisait l'état de la gauche d'aujourd'hui.
Les socialistes avaient cru que les victoires électorales de 2004 effaçaient la déroute du 21 avril 2002. Ils s'étaient illusionnés. Ils ont appris que l'électeur utilise seulement l'arme qui lui paraît la plus adéquate pour exprimer sa fureur contre le pouvoir en place : Le Pen en 2002 contre Jospin ; Hollande contre Raffarin en 2004.
Hollande qui s'imaginait un destin présidentiel. La victoire du non le renvoie à la case départ. Hollande est redevenu premier secrétaire. Premier secrétaire seulement. Derrière lui, Jospin s'est affirmé seul patron du oui de gauche mais s'est retrouvé une fois encore au milieu des vaincus. Comme si celui qui croyait orgueilleusement incarner la synthèse de toutes les gauches françaises ne comprenait plus rien au «peuple de gauche».
Depuis le 29 mai, François Hollande cherche à escamoter le vote référendaire, comme une vulgaire élection européenne. Il ne s'est rien passé. Ou si peu. «Ce n'est pas vous qui avez été sanctionnés, murmure-t-il à ses parlementaires, c'est Chirac.» Les fabiusiens leur tiennent un discours plus inquiétant. Leur montrent les chiffres du non dans leurs circonscriptions. Décalage cruel. Sanction possible. Mais, si Fabius a gagné le match retour dans le pays, après avoir perdu le match aller dans le parti, il n'est pas d'office qualifié pour la finale. Il n'a pas réussi à fédérer derrière lui les «nonistes» du PS. Si Mélenchon propose une motion des non pour le prochain congrès, Emmanuelli ne s'est pas rallié, Montebourg et Peillon font cavalier seul. Pendant la campagne, Fabius s'est ostensiblement rapproché des altermondialistes, de l'extrême gauche et du PC. Stratégie mitterrandienne, ont dénoncé ses adversaires. Mais aucune de ces mouvances n'a la puissance, l'organisation, la fiabilité du PC d'antan. Et puis la pièce a déjà été jouée, et personne ne veut reprendre la place de Marchais, le «cocu magnifique».
Fabius le sait depuis le début. Il n'a jamais songé conclure une alliance avec Besancenot, Buffet ou Bové. Il les a utilisés pour tourner le PS dans une guerre de mouvement à la Bonaparte. Ce mitterrandien de stricte obédience reprenait ainsi la stratégie de Chirac face à Balladur, tournant et enfonçant Hollande par la gauche, par la «fracture sociale», devenue «deux France» dans la bouche de Fabius. Par le politiquement incorrect. Mais Chirac avait un parti pour cracher la mitraille et monter à l'assaut des redoutes balladuriennes. Pas Fabius. Ses fameux réseaux ont fondu comme neige au soleil. Et le PS n'est plus la vieille maison mitterrandienne.
Il a été sociologiquement transformé par vingt années de décentralisation. Il est devenu une sorte de grosse UDF où notables, petits et grands, présidents de conseils régionaux ou généraux, maires de grandes et petites villes, sont dominants. Cette nouvelle sociologie s'est accompa- gnée d'un changement idéologique : le parti s'est «rocardisé». Le cocktail libéral-libertaire hérité de Mai 68 ne peut guère être remis en cause.
Quand la jeune garde mitterrandienne dénonçait la «gauche américaine», le parti l'approuvait. Michel Rocard devait s'appuyer sur les sondages, sur la pression d'une classe moyenne modernisatrice. Rocard tentait de s'imposer au PS de l'extérieur. Aujourd'hui, c'est Fabius qui tient ce rôle. Il voit enfin ses sondages décoller du néant. Il rappelle que le coeur de la gauche – cadres moyens du public, fonctionnaires, infirmières, travailleurs sociaux – a fait basculer le vote en faveur du non. C'est Fabius qui s'appuie sur ce désir retrouvé des électeurs pour la politique, auprès d'élus souvent dépolitisés, que les rigueurs de la mondialisation ont désenchantés. Elus qu'il ne faudrait pas pousser pour qu'ils sacrifient sans trop d'états d'âme une victoire hypothétique à la présidentielle pour de gros et bons succès aux élections locales. Ainsi les notables UDF se consolèrent-ils très vite des défaites successives de leur champion, Raymond Barre ou Edouard Balladur. C'est pourquoi Emmanuelli propose des primaires présidentielles étendues à l'ensemble de la gauche ; mais, dans le PS, sa «ligne» a perdu d'avance.
Car la campagne référendaire a fini par révéler la vraie nature de deux projets antagonistes. Le non de gauche a sonné une volonté de reprendre en main la souveraineté fiscale, monétaire, budgétaire. Toute la gauche avait abandonné avec joie la souveraineté nationale, au nom de la paix et de l'internationalisme ; elle a découvert que la souveraineté populaire était partie avec.
Mais le non de gauche ne veut pas assumer cette découverte. Le fleuve du non de gauche est un républicanisme qui s'ignore, un chevènementisme qui se cache. La pression culpabilisante de la «bien-pensance» est encore trop forte.
C'est la même stratégie de dissimulation et de confusion qui prévaut chez les partisans du oui. Derrière leurs protestations sociales, la campagne a approfondi leur «compatibilité» avec le oui de droite. L'Europe qu'ils ont défendue ne peut pas ne pas être libérale et libre-échangiste. Question de rapport de forces au sein de l'Europe à 25. Le hollandisme s'avère un chiraquisme qui se dénonce, un blairisme qui ne s'assume pas. C'est le sens de l'alliance avec Dominique Strauss-Kahn, le «réformiste de gauche». Le PS en est là : un parti qui ne sait plus qui il est, ni quelle gauche il veut façonner, dans une France en pleine crise d'identité.
24 mars 2005
Elargissement avant approfondissement où comment NPS a eu raison trop tôt
Le rideau de fer est encore dans les têtes
LE MONDE | 24.03.05 | 13h52 • Mis à jour le 24.03.05 | 13h52
La France apparaît, parmi les vingt-cinq nations de l'Union, comme la principale opposante au projet de libéralisation des services élaboré par l'ancien commissaire Frits Bolkestein. Elle est aussi l'une des plus critiques à l'égard du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, auquel elle reproche de jeter de l'huile sur le feu. Ce qui a profondément irrité le gouvernement français, c'est une petite phrase prononcée par M. Barroso, le 14 mars, devant un cercle de réflexion libéral, le Lisbon Council. "Certains pensent, a-t-il dit, que la Commission est là pour protéger les quinze membres anciens contre les dix nouveaux membres. Ce n'est pas le cas. Elle est là pour protéger l'intérêt général de l'Europe."La France s'est sentie visée par cette attaque. Le président de la Commission européenne avait touché juste. C'est bien le dernier élargissement qui est au centre du débat. Un élargissement vécu, il y a deux ans, comme un événement historique et perçu aujourd'hui comme une source de difficultés. Quand ils ont décidé d'accueillir huit anciens pays communistes, en même temps que les deux îles méditerranéennes de Chypre et de Malte, les Quinze n'ont pas compris, ou pas voulu comprendre, que l'Union, devenue plus disparate, allait changer de nature. Expérience faite, ils s'en sont assez vite rendu compte. C'est d'abord une affaire de nombre. L'Europe à vingt-cinq est, à l'évidence, beaucoup plus difficile à gérer que l'Europe à quinze sans parler de l'Europe d'autrefois à six, neuf ou douze. Ceux qui feignent de croire que la Constitution européenne va"graver dans le marbre"les politiques libérales savent bien que la future révision du traité sera problématique, non parce qu'il aura valeur constitutionnelle, mais parce que, l'unanimité étant requise, il y faudra l'accord des vingt-cinq Etats.
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http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-630962@51-627482,0.html
17 mars 2005
A l'initiative de N Sarkozy, la droite sabre dans le logement social
Polémique sur la vente des HLM
Suresnes
AVENUE DE FOUILLEUSE. D'un côté, les maisons de la cité-jardin et les petits immeubles HLM en brique rouge, de l'autre l'hippodrome de Saint-Cloud. C'est dans ce cadre idyllique que Nicolas Sarkozy a choisi de mener l'une des deux opérations pilotes (l'autre est lancée au Plessis-Robinson) de vente de logements sociaux du département.
Dans les cinq prochaines années, le président du conseil général a promis d'en mettre en vente quelque 4 000, le produit de la vente étant réinjecté dans le financement de programmes neufs. Cette opération ne concerne qu'une minorité de locataires : assez jeunes et solvables pour avoir l'envie et les moyens d'investir et pour obtenir un prêt bancaire, alors que deux tiers des habitants de cette cité ont plus de 65 ans.
pour lire la suite : http://www.leparisien.fr/home/maville/hautsdeseine/article.htm?articleid=246004110
Au-delà du oui et du non
Dans Libération mardi 15 mars 2005
René Passet est l'auteur de l'Illusion néolibérale (Flammarion).
u lendemain de la guerre, en créant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (1951), puis la Communauté européenne (1957), six nations (1) unissaient leur destin. A cette fin, elles ne se contentaient pas de supprimer les obstacles à la circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, à l'intérieur du Marché commun qui les réunissait et elles ne réduisaient pas celui-ci à un espace de libre-échange : la régulation publique et l'intérêt général y avaient leur place.
Pour lire la suite http://www.liberation.fr/page.php?Article=282451

