Rénover le Parti socialiste dans les Hauts-de-Seine

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22 décembre 2005

La France "reconnaît" le commerce équitable et en fixe les critères

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PARIS (AFP) - La France va officiellement "reconnaître" le commerce équitable et ses acteurs, et fixer par la loi des critères pour définir ces échanges qui visent à mieux rémunérer les producteurs du Sud, mais sont pratiqués diversement par les multiples associations qui s'en prévalent.

Le ministère des PME, du Commerce et de l'Artisanat va publier un décret "dans les prochaines semaines" qui fixera des critères communs pour le commerce équitable et créera une Commission nationale du commerce équitable, a-t-on appris mercredi auprès du ministère.

Ce dispositif ne prévoit pas de labelliser des produits mais seulement d'offrir une reconnaissance officielle à certains acteurs du commerce équitable, où l'on trouve pêle-mêle des associations mais aussi des grands distributeurs.

La Commission sera ainsi chargée de "reconnaître les personnes physiques ou morales veillant au respect des conditions du commerce équitable", selon le ministère, qui ambitionne de "promouvoir ce disposif au niveau européen".

Goutte d'eau dans les échanges mondiaux, ce commerce est en plein essor. En France, les ventes de produits labellisés Max Havelaar, "poids lourd" du secteur, ou vendus par Artisans du Monde, ont doublé en 2004 à 81 millions d'euros (dont 70 pour Max Havelaar), contre 45 en 2003.

La loi du 2 août 2005 sur les PME donne déjà une définition du commerce équitable, qui "organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement", afin d'assurer "le progrès économique et social de ces producteurs".

Cette fois, des critères permettront d'être habilité à se prévaloir de ce commerce, inspirés de ceux élaborés par l'Association française de normalisation (Afnor) au terme de trois années de discussions houleuses avec les acteurs concernés.

La Plate-forme du commerce équitable, qui réunit une trentaine d'organisations et milite pour un label commun, met en garde contre le risque de "dérives opportunistes" de certaines entreprises.

Des groupes agrolimentaires comme Nestlé ou Kraft s'étaient ainsi lancés dans le café "éthique". Des associations de commerce équitable les avaient accusés de tromper le public en achetant leur café à un prix nettement inférieur au leur.

Selon le document final de l'Afnor, le commerce équitable doit reposer sur "trois principes fondamentaux": "l'équilibre de la relation commerciale", "l'accompagnement des organisations de producteurs et/ou de travailleurs", et "l'information et la sensibilisation" du public.

L'Afnor détaille ainsi la manière dont le prix "équitable" doit être déterminé, car ce prix doit à la fois permettre de satisfaire les besoins fondamentaux des producteurs et être "compatible avec les règles de concurrence".

A cet égard, le ministère de l'Economie a saisi le Conseil de la concurrence, qui rendra un avis fin février.

Les acteurs du commerce équitable devront aussi respecter le droit international comme les conventions de l'Organisation internationale du travail (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, non discrimination, liberté syndicale).

Les produits devront aussi être élaborés "dans le respect de l'environnement", de la santé et de la sécurité, en excluant les semences génétiquement modifiées.

Mais ce décret ne clôt pas les débats. Certaines associations contestent toujours la définition retenue par la loi tandis que d'autres s'interrogent sur l'opportunité de distribuer ces produits en grande surface.

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La construction d'une "gauche durable" voulue par le PS s'annonce difficile

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PARIS (AFP) - La construction d'une "gauche durable", voulue par le PS dans la perspective de 2007, s'annonce difficile, le PCF ayant déjà menacé de boycotter la première réunion unitaire prévue fin janvier si les socialistes devaient imposer leurs vues et en exclure l'extrême gauche.

Après avoir obtenu l'accord du PCF, concédé du bout des lèvres, pour une première rencontre des formations de gauche en vue de jeter les bases d'un programme de gouvernement pour 2007, le Parti socialiste a décidé de mettre les points sur les i: "il revient au PS", principale formation de la gauche, "d'organiser le rassemblement autour de lui pour les prochaines échéances", a souligné mercredi son numéro deux, François Rebsamen.

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Et M. Rebsamen de préciser que l'extrême gauche, notamment la LCR d'Olivier Besancenot, ne serait pas conviée puisque la réunion doit rassembler ceux qui veulent assumer des "responsabilités gouvernementales".

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a souligné de son côté que le PS devait être "le moteur d'une union durable", d'un "vrai contrat de gouvernement, pour donner un nouvel élan au pays".

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Mais le PCF, qui ne veut pas perdre le crédit anti-libéral dont il jouit depuis la campagne du non à la Constitution européenne, refuse un diktat du PS.

"Si l’esprit et l’objectif" de la rencontre est un "rassemblement" autour du PS, fermé à "l'ensemble des formations de gauche", alors, cette réunion "n’aurait tout simplement pas lieu d’être", a prévenu Jean-François Gau, membre du Comité exécutif du PCF.

Une mise en garde dont le PS semble avoir tenu compte. Son porte-parole, Julien Dray, a souligné dans les couloirs de l'Assemblée nationale qu'il n'était "pas question" pour le PS "d'avoir le monopole" de l'organisation de cette rencontre ni "d'en exclure la LCR".

De son côté, Yann Wehrling, secrétaire national des Verts, a suggéré d'"adresser l'invitation à tout le monde, sans exclusive" mais "en étant clair sur l'objectif qui est d'arriver un accord programmatique". "C'est en fonction de cela que certains viendront et d'autres non", a souligné le dirigeant écologiste qui a déjà donné son accord à la rencontre unitaire.

"Pour l'heure, personne n'a convié" la LCR, précise de son côté Olivier Besancenot rappelant que de toute façon l'organisation trotskiste n'"a pas vocation à gouverner avec des sociaux-libéraux".

Mettant la pression sur les communistes pour qu'ils refusent une nouvelle mouture d'union de la gauche, M. Besancenot ajoute que la LCR tend une "main fraternelle" au PCF et lui demande de "ne pas gâcher" ce qui a été fait durant la campagne référendaire.

"Le PCF est aujourd'hui devant un choix. Nous l'appelons à s'allier avec les forces anti-capitalistes", relève Alain Krivine, dirigeant de la LCR.

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20 décembre 2005

Primaires à gauche : le bal des faux-culs !

Sans fleurs, ni couronnes, la direction du PS, par la voix de l'inoxydable Jack Lang vient d'enterrer les primaires à gauche. Y ont-ils jamais cru ? Poser la question, c'est déjà un peu y répondre.

Ce sont donc les fédérations du Pas-de-Calais et de l'Hérault, pardon, je voulais dire les adhérents du Parti socialiste qui désigneront le champion du PS en 2007. 120 000 adhérents auront à départager Laurent, Dominique, Jack, François, Ségolène et les autres.

Jack Lang promet une campagne d'adhésion massive pour "renforcer l'autorité morale" du candidat désigné. Ah bon parce que si le corps électoral passe de 120000 à 130000, ça va changer quelque chose à votre avis ?

Sommes-nous aveugles pour ne pas voir que le scénario d'un nouveau 21 avril s'écrit sous nos yeux ? Le poison de l'élection présidentielle coule dans les veines d'un système politique à bout de souffle. Et notre Parti est devenu un immense kop où chacun défend qui son Dominique, qui sa Martine ou son François, alors qu'une campagne médiatique d'inscription sur les listes électorales est lancée en direction de la jeunesse de nos quartiers populaires et que ceux qui doutent et souffrent dans cette société attendent un signal de la gauche.

Prenons garde camarades, car au jeu de la star academy du politique, la droite nous battra et l'extrême droite nous ridiculisera. Ce que les gens de ce pays attendent, c'est un cap, un projet de société plus démocratique, plus juste et plus moderne. A force de désespérer Billancourt, nous ouvrons un boulevard à Boulogne et Neuilly !

Alexis BACHELAY

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19 décembre 2005

Ségolène : Royal vacuité

lundi 19 décembre 2005, 11h30

Par Bernard Lallement, reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, avait pris une initiative méritant de s'y intéresser. Afin de départager le flot des prétendants se bousculant au portillon des présidentiables, il militait pour l'organisation de primaires à l'image de celles ayant vu, en Italie, la victoire de Romano Prodi. Toutefois, chez nos amis transalpins il ne s'agissait pas d'un simple casting mais, également, de discuter avec le peuple de gauche les orientations d'une future coalition gouvernementale prompte à battre Berlusconi. Vaste et ambitieux projet auquel semblait donc s'atteler l'hebdomadaire de Jean Daniel.

Aussi, lorsque dans sa dernière livraison, sa couverture arbore le portrait de Ségolène Royal avec comme titre « Elysée 2007 et si c'était elle » ne suis-je persuadé avoir entre les mains un de ces numéros « collector » faisant date dans l'histoire de la presse.

Enfin, un homme (ou plutôt, mieux, une femme) politique allait, nous donner la recette du « vouloir vivre ensemble » dont tout le monde parle mais que personne n'est capable de mettre en oeuvre. Nous allions être introduit parmi une intelligence apte à redonner force et vigueur à l'Europe politique, (re)trouver le chemin de l'intégration, vaincre, enfin, le chômage, réformer la justice et l'école qui en ont bien besoin, réconcilier la nation et ses élites. En un mot, une intelligence apte à porter sur le monde qui nous entoure un regard signifiant.

Hélas, les titres des articles eurent raison de mes espérances : « Scènes de la vie conjugales ? Star is born - Ségo raconte Ségolène ? Lang en jupons ? Le bel âge, etc. Paris-Match, autre hebdomadaire fort prisé de la Dame en question, n'aurait pas fait mieux !

Platon est apparu bien ringard et Aristote à reléguer au magasin des souvenirs. Le viatique de Madame la présidente du Conseil régional Charente Poitou, pour prendre en charge les affaires de la Cité, retentit avec une telle pertinence que l'Etre et le Néant de Sartre fait figure de littérature enfantine :

« Je suis prête. » Le raisonnement est aussi simple qu'imparable commente François Bazin institué, pour l'occasion, haruspice Royal. «Je ne mettrai pas les mains dans la tambouille et les petites combinaisons. Si l'élan se poursuit, ce que je crois, si les électeurs de gauche me demandent, ce que j'espère, alors je m'imposerai naturellement. Les autres n'auront pas le choix. Ce sera moi ! » Et une fois investie, notre Vestale du socialisme nous rassure : « pour la campagne, j'y réfléchis souvent et je n'ai aucun doute : elle sera réussie.»

« Il y a en tout cas un signe qui ne trompe pas et qui montre vers où elle se dirige : (?) la complicité de ceux qui savent prendre la lumière » vaticine l'hebdomadaire de la gauche éternelle.

Selon un sondage CSA pour le Parisien, publié dimanche, la compagne de François Hollande arrive en tête des personnalités socialistes pour 36 % des Français !

On ne sait dans quel naufrage, ne servant ni la cause du féminisme et encore moins celle du PS, situer l'idiosyncrasie de Ségolène Royal qui, visiblement, se caractérise par une marcescence de la vacuité. Quant au Nouvel Observateur, qui s'est prêté à cette mascarade, il nous a infligé le pire des supplices qu'un lecteur ait à redouter : l'ennui.

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Bien vu !

Irons-nous voter si nous ne savons plus qui choisir?
(Delize - lundi 19 décembre 2005, 9h27)

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15 décembre 2005

Arnaud MONTEBOURG au projet

mercredi 14 décembre 2005, 12h39

Le député de Saône-et-Loire, Arnaud MONTEBOURG a beau incarner aujourd'hui la seule opposition, de surcroît virulente, à la direction rassemblée du PS, il a obtenu d'intégrer la vaste commission chargée de confectionner le projet pour 2007.

Celle-ci rassemble, du "noniste" Jean-Luc MÉLENCHON au "social-libéral" Dominique STRAUSS-KAHN, un oecuménisme qui peut faire douter de la clarté de la ligne du futur projet.

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14 décembre 2005

Primaires à gauche : Montebourg est pour

NOUVELOBS.COM | 14.12.05 | 10:44

Le fondateur du courant du PS "Rénover maintenant" se dit "totalement favorable" à la solution de primaires.

Arnaud Montebourg, fondateur du courant "Rénover maintenant" à l'intérieur du Parti socialiste, s'est dit mercredi 14 décembre "totalement favorable" à la solution de primaires permettant de faire désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle par les sympathisants.
"C'est le meilleur moyen pour réconcilier une partie de la gauche avec elle même, c'est aussi le meilleur moyen de reconstruire un rapport de confiance entre le PS et son environnement", a déclaré le député de Saône-et-Loire sur Canal+.
Pour lui, "désigner le candidat avec tous ceux qui, se réclamant d'un vote socialiste, veulent le choisir et participer, c'est le moyen de passer de 100.000 adhérents à 2 ou 3 millions de participants". "Cela permettrait de redonner de l'enracinement au PS dans la société française", et "ce serait une garantie d'être au deuxième tour", a-t-il souligné.
Il a dénié en revanche la possibilité d'organiser en France des primaires de toute la gauche, comme en Italie : "Nous ne le pourrions pas, ce serait prétentieux", sauf s'il y a "accord programmatique préalable".

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Arnaud Montebourg affirme que son courant est "à l'intérieur" du PS, "mais tourné vers l'extérieur"

dimanche 11 décembre 2005, 21h17

PARIS (AP) - Le député socialiste de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg affirme que le courant "Rénover maintenant", qu'il a contribué à fonder samedi, "est situé à l'intérieur du Parti socialiste, mais tourné vers l'extérieur"

Dans un entretien publié lundi dans "20 Minutes", il précise que "nous sommes en train de reconstruire un outil perdu" au congrès du Mans. "Nous allons mobiliser les énergies, les militants et ceux qui ne le sont pas pour amener leurs idées au candidat socialiste de 2007. Nous allons peser de tout notre poids pour qu'elles s'inscrivent dans le projet socialiste", souligne-t-il.

Revenant sur le congrès du Mans, il estime que "certains socialistes ont préféré laminer des idées nouvelles pour permettre la synthèse du parti". "Nous pensons au contraire qu'il faut les implanter dans la tête des socialistes et dans l'opinion publique avant la présidentielle", ajoute-t-il. AP

pyr/com

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10 décembre 2005

Arnaud Montebourg crée "Rénover, maintenant"

samedi 10 décembre 2005, 14h51

PARIS (AFP) - Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg et ses amis, qui se sont séparés fin novembre du Nouveau Parti socialiste (NPS), ont créé samedi à Paris "un courant d'idées au sein du PS" dénommé "Rénover, maintenant", a annoncé l'un de ses proches.

Cette décision a été prise au cours d'une réunion tenue à huis clos à l'Assemblée nationale, de quelque 200 personnes, dont près d'une centaine de "correspondants" du nouveau mouvement dans les fédérations du PS, selon le maire de Ris-Orangis (Essonne) Thierry Mandon.

M. Montebourg, en désaccord avec la synthèse réalisée entre tous les courants du PS au congrès du Mans (18-20 novembre), avait dressé le 26 novembre, en marge du Conseil national du parti, "l'acte de décès du NPS".

Fort des 23,5% des voix des militants recueillis avant le congrès, le NPS continue néanmoins d'exister, sous l'impulsion de deux de ses fondateurs, Vincent Peillon et Benoît Hamon, rejoints en septembre par le député des Landes Henri Emmanuelli.

Le lancement de "Rénover, maintenant", obéit, selon M. Montebourg, à la volonté de "donner à la rénovation du PS et de la gauche toutes ses chances pour qu'en 2007, nous puissions soutenir un candidat issu du parti qui remporte l'élection présidentielle".

Outre M. Montebourg, les députés Christian Paul (Nièvre) et Jean-Pierre Blazy (Val d'Oise) et le sénateur Gérard Roujas (Haute-Garonne), ainsi que la députée européenne Marie-Line Reynaud, ont pris part aux travaux, de même que l'ancien ministre Yvette Roudy. Les députés Michel Françaix (Oise), Jérôme Lambert (Charente) et Jean Launay (Lot) s'étaient faits représenter, selon M. Mandon.

Une douzaine de députés PS étaient membres du NPS.

Texte fondateur de "Rénover Maintenant" R_nover_maintenant_10_1_.12.05.pdf

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09 décembre 2005

« Le PS n’arrive pas à changer »

Le Parisien – Aujourd’hui en France – Vendredi 9 décembre 2005

Arnaud Montebourg ne désarme pas. Alors que « son » NPS a volé en éclats sur la synthèse décrochée au congrès du Mans, il fustige « l’insincérité » de cette unité de façade. Et annoncera demain la création de son nouveau courant.

Le député de Saône et Loire, Arnaud Montebourg, considère que le NPS (Nouveau Parti Socialiste) qu’il avait créé a été « bradé en pièces détachées ».

Vous êtes le seul dirigeant socialiste à n'avoir pas approuvé la synthèse au Mans... Sans regret?

Arnaud Montebourg : C'était une décision difficile à prendre mais nécessaire. Cette synthèse a été vécue comme une déchirure entre la volonté de la base, de l'opinion de gauche, et un appareil replié sur lui-même. Elle jette un voile d'insincérité sur les convictions des socialistes, et reconstitue le parti d'avant la défaite du 21 avril 2002. Le message à la population, c'est que le Parti socialiste n'arrive pas à changer, et qu'il est incapable d'accomplir sa propre révolution intérieure

Vincent Peillon, co-fondateur à vos côtés du NPS mais rallié à la direction, vous décrit comme la «mascotte» du NPS et vous appelle aujourd'hui à «revenir»...

Je suis un dirigeant politique, qui a pris la responsabilité d'être fidèle à des convictions. C'est un choix coûteux qui ne peut se résumer à je ne sais quelle place dans tel ou tel organigramme. Je ne suis pas une mascotte, ni une amulette, c’est-à-dire un objet qu'on met à la poubelle un jour, qu'on remet sur l'étagère le lendemain. La question est désormais d'être le plus utile au PS en poursuivant l'oeuvre rénovatrice qui est la nôtre en dehors des compromis qui l'ont laminée.

N’avez-vous pas le sentiment de vous être fait voler votre courant ?

Le NPS est malheureusement mort, il a été bradé en pièces détachées. Pour moi qui l’ai fondé, qui y ai mis tant d’énergie, c’est un crève-cœur. Pour nos militants, c'est un deuil difficile. La question est désormais de savoir ce que nous voulons faire de notre énergie militante. La plupart s'apprêtent à me rejoindre car l'âme de la rénovation ne peut plus vivre dans ce NPS qui s'est fourvoyé. C'est donc sans lui que les choses vont continuer, et que la rénovation pourra poursuivre son travail libre et son chemin passionnant. C’est avec les échecs qu’on fait les victoires.

Concrètement, comment allez-vous vous organiser ?

Avec les premiers fédéraux, les parlementaires, les élus et les militants qui ont souhaité exprimer le désir de poursuivre le travail sur le projet, nous allons lancer un mouvement de rénovation pleinement installé dans le PS, s'adressant aux militants de toutes les motions. Il sera tourné vers l'extérieur et fédèrera les citoyens désireux de rester à l'extérieur du Parti mais prêts à nous aider à préparer l'alternative en 2007. Tout ce travail sera à la disposition du candidat désigné par les socialistes.

Vous avez le mérite de la cohérence, mais vous vous retrouvez isolé...

Je ne me suis jamais senti autant porté et soutenu par une vague d'espérance et d'encouragements. J'ai plus le sentiment d'être libre et, désormais, bien entouré.

Vos «amis» vous reprochent de ne pas être un homme d'appareil...

Je désapprouve la manière dont ceux-là ont utilisé l'appareil dans ce congrès pour briser les convictions des militants. Faire de la politique comme il y a trente ans, cela a fait des dégâts sur un courant rénovateur comme le nôtre. Résultat : les militants le quittent en nombre. Vous ne pouvez pas dire que vous allez changer les pratiques, et utiliser des méthodes empruntées à Lucrèce Borgia.

Le PS aligne de multiples candidats à la présidentielle. Comment jugez-vous cette offre?

Je la trouve à la fois trop large et trop nombreuse et dans le même temps trop pauvre sur le fond.

Lionel Jospin invite les socialistes à exercer leur droit d'inventaire sur son action...

Cet inventaire a trois ans de retard. Il fallait l'exercer au congrès de Dijon, cela aurait permis à tous les socialistes d'avancer beaucoup plus et plus vite.

Propos recueillis par Nathalie Segaunes

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