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14 juin 2005

Violente charge d'Arnaud Montebourg contre Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Le député socialiste Arnaud Montebourg a mené une charge virulente contre Nicolas Sarkozy, l'accusant de "faire des institutions" de la République "l'instrument de son aventure personnelle".

Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, Arnaud Montebourg a cité des articles de presse selon lesquels le ministre de l'Intérieur aurait affirmé que son retour au gouvernement lui permettait "de se mettre à l'abri des coups tordus" qu'auraient pu monter contre lui le camp chiraquien et son prédécesseur place Beauvau, l'actuel Premier ministre Dominique de Villepin.

"Il faudrait que vous indiquiez à la représentation nationale qui, parmi vos propres collègues, membres de ce gouvernement, vos propres amis, entendrait vous faire tant de mal, à moins que ce ne soit le révélateur d'une psychologie fragile obsédée par le complot et pour tout dire préoccupante chez un homme qui entend faire des institutions l'instrument de son aventure personnelle", a assené le député PS.

"Etes vous devenu ministre pour affronter, traiter les problèmes collectifs des Français ou plutôt pour régler vos menus problèmes personnels ? En clair, gouvernez-vous pour la France ou gouvernez-vous plutôt pour vous-même, pour vous seul ?" a lancé Arnaud Montebourg.

Après un bref conciliabule avec Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy s'est emparé du micro pour affirmer qu'il n'avait "aucune leçon à recevoir" du député socialiste.

"Il y a une grande différence entre l'UMP et le Parti socialiste. Au Parti socialiste, quand on n'est pas d'accord avec M. Fabius, on l'exclut, on lui jette l'anathème, on l'insulte et on n'est pas capable de diriger ensemble", a lancé le ministre de l'Intérieur.

"A l'UMP, quand la situation exige le rassemblement, nous le faisons. C'est ce que nous avons fait avec Dominique de Villepin, c'est notre honneur, notre fierté et c'est la force de la majorité parlementaire", a-t-il ajouté.

"M. Montebourg", a déclaré Nicolas Sarkozy, "nous sommes nombreux à penser que, quand il y a des leçons de comportement politique à avoir, il faut choisir une autre adresse que la vôtre".

"Je suis président de l'UMP et ministre de l'Intérieur. Si vous connaissiez l'histoire de notre pays, vous sauriez que les partis politiques concourent à l'expression du suffrage universel et que, quand dans l'histoire de notre pays les responsables des partis politiques n'étaient pas au gouvernement, c'était un grave problème pour la démocratie parlementaire", a-t-il ajouté.

Polémique Montebourg-Sarkozy sur les raisons du retour du président de l'UMP au gouvernement

PARIS (AP) - Une passe d'armes a opposé mardi à l'Assemblée nationale Nicolas Sarkozy et Arnaud Montebourg sur les raisons du retour-surprise du président de l'UMP au gouvernement.

Dans sa question, le député socialiste de Saône-et-Loire s'est fait l'écho des commentaires de Nicolas Sarkozy publiés le 2 juin dans la presse expliquant qu'il revenait place Beauvau pour éviter les "coups tordus" portés contre lui par son camp dans la perspective de sa candidature en 2007.

"Etes-vous devenu ministre pour affronter et traiter les problèmes collectifs des Français ou plutôt pour régler vos menus problèmes personnels?", a demandé Arnaud Montebourg. "Gouvernez-vous pour la France ou gouvernez-vous plutôt pour vous-même, pour vous seul?"

Le député socialiste s'est demandé si le comportement de Nicolas Sarkozy était "le révélateur d'une psychologie fragile obsédée par le complot, préoccupante chez un homme qui entend faire des institutions l'instrument de son aventure personnelle". Il a sommé le ministre de l'Intérieur d'indiquer à la représentation nationale "qui parmi ses 30 collègues entendaient lui faire tant de mal".

"Quand il y a des leçons de comportement politique à avoir, il faut choisir une autre adresse que la vôtre, M. Montebourg", a répliqué Nicolas Sarkozy. Il a fait valoir que dans l'histoire de France, "quand les responsables des partis politiques n'étaient pas au gouvernement, c'était un grave problème pour la démocratie parlementaire".

Selon le ministre de l'Intérieur, "il y a une grande différence entre l'UMP et le PS". "Au PS, quand on n'est pas d'accord avec M. Fabius, on l'exclut, on lui jette l'anathème, on l'insulte et on n'est pas capable de diriger ensemble. A l'UMP, quand la situation exige le rassemblement, nous le faisons".

"C'est ce que nous avons fait avec Dominique de Villepin C'est notre honneur, c'est notre fierté, et c'est la force de la majorité parlementaire", a conclu le président de l'UMP sous les applaudissements des députés de son parti. AP

Posté par RM 92 à 18:30 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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